Découvrez l’œuvre d’Epsylon Point, street artiste et pionnier de l’art urbain en France.

Street artist revendicatif et contestataire

À ses origines, le street art était un moyen d’expression artistique permettant de faire passer des messages politiques censurés dans les médias traditionnels. Cette fonction purement revendicative a par la suite évolué et de plus en plus, les créations artistiques urbaines servent de support aux campagnes de promotion des produits culturels. Focus sur les street artists revendicatifs et contestataires les plus influents.

Le street art et son rapport avec la société

Pour de nombreux artistes urbains, le street art est un mode d’expression artistique permettant de formuler ses convictions, un moyen de faire passer des messages forts et concis au plus près du public, comme le dit l’adage « une image vaut mille mots ». Le street art constitue une tribune accessible à tout individu désireux d’interpeller l’opinion sur les questions de société, l’urgence climatique, l’immigration et bien d’autres problématiques sociétales.

En France, le street art a éclos à partir de 1963, porté par des artistes précurseurs comme Gérard Zlotykamien et quelques années par Ernest Pignon-Ernest. Cette époque coïncide avec l’émergence d’une révolution culturelle disruptive des années d’après-guerre. La soif d’une société plus égalitaire procure à une jeunesse désabusée le terreau idéal pour s’émanciper et formuler ses revendications. À partir de là, le street art est devenu un outil particulièrement efficace pour faire passer des messages sur les murs de nos rues ordinaires, des façades d’immeuble et tout ce que peut offrir comme support l’espace public.

Epsylon Point, l’un des pionniers du street art en France et le pionnier du pochoir en couleur, incarnait parfaitement l’image de l’artiste contestataire, anticonformiste et anti-système. Pour lui, « écrire sur les murs est un acte revendicateur », artistique et non subversif au service d’une cause. Cette assertion écarte les actes de vandalisme de l’art urbain, lesquels font du tort à autrui et n’ont aucune valeur artistique.

Un parcours unique

Comme de nombreux artistes de rue de son époque, Epsylon Point mélange au graffiti à la bombe et au pochoir en couleur à partir de 1983. Ses premières œuvres en couleur apportent un nouveau regard sur le street art et l’artiste a commencé à se forger une réputation dans le monde de l’art.

Epsylon Point développe sa technique pour le pochoir en couleur aux côtés de son amie La Signe et investit le quartier de Balard dans le 15e arrondissement de Paris. En 1985, il participe au premier rassemblement du mouvement graffiti et d’art urbain organisé par les VLP en Seine-Saint-Denis dans la ville de Bondy aux côtés d’autres figures influentes comme Blek le rat, Jef Aérosol, Speedy Graphito, Miss Tic, SP38.

Vers la fin des années 1990, Epsylon Point installe son atelier dans les Hauts-de-Seine et produit des pochoirs abordant différentes thématiques : de la condition humaine aux conflits mondiaux, en passant par l’érotisme. Dans le 8e arrondissement de Paris, la CHOOSE Galerie devient sa galerie officielle en exposant toutes les périodes de l’artiste.