Découvrez l’œuvre d’Epsylon Point, street artiste et pionnier de l’art urbain en France.

Création urbaine artistique

Elles ornent les façades de certains immeubles et murs parisiens : les créations des street artists font partie intégrante du paysage urbain. Comment le street art s’est-il fait une place dans l’univers de l’art ? Qui en sont les figures influentes ? Le point avec La CHOOSE Galerie à Paris.

Histoire de la peinture street art

Regroupant de multiples formes artistiques, le street art est un art instantané réalisé dans l’espace public et destiné à faire passer un message. Ernest Pignon-Ernest, l’un des pionniers de ce mouvement artistique en France, décrit assez bien l’objet de l’art urbain : « L’œuvre, ce n’est pas l’image elle-même, mais ce qu’elle provoque d’interrogation sur le lieu ».

L’art street va au-devant du public afin de l’interpeller sur une problématique précise, une cause spécifique. Les street artists s’approprient l’espace urbain pour revendiquer, dénoncer, interroger ou soutenir en utilisant l’art pour faire passer leur message. Leurs œuvres ont une valeur artistique certaine, ce qui les différencie des actes de vandalisme perpétrés uniquement en vue de causer du tort à autrui. Mais comment ce mouvement a-t-il émergé ?

Les peintures murales et graffiti ne sont pas une invention de notre époque. Les pictogrammes colorés existaient déjà du temps de la Préhistoire et dans l’Antiquité, on gravait les façades pour y manifester ses revendications, proférer des insultes. Les graffiti, quant à eux, sont une forme d’expression très ancienne qui consiste à apposer sa signature sur un mur. Le graffiti tel qu’on le connait aujourd’hui est apparu dans les années 1960 aux États-Unis.

Le pochoir est une forme d’expression relativement récente qui a émergé au début des années 1980. La technique du pochoir consiste à découper dans un matériau rigide (bois, plastique, métal, papier) un motif provenant d’une photographie, d’une image. Des artistes de l’époque comme Blek le Rat, Nemo ou encore Miss Tic ont utilisé cette méthode pour se différencier des fameux graffitis, alors très répandus dans les rues de Paris. Epsylon Point, une figure emblématique du street art français, a révolutionné cette forme d’art en mettant au point le pochoir en couleur.

Le pochoir en couleur

L’art urbain peut être discret et occuper de très petits espaces (dessins, stickers) ou être monumental et très visible, comme, par exemple, des structures gonflables. Cet art destiné au grand public rassemble aussi bien les arts visuels (graffiti-pochoirs, mosaïque, peinture, illusions d’optique, installation) que sonore (field recording », sculptures et instruments, performances).

Le pochoir en couleur occupe une place à part dans cet ensemble. Cette forme artistique a donné une dimension nouvelle au street art et a largement contribué à accroître sa popularité dans le monde « institutionnalisé » de l’art.

Dans le 8e arrondissement de Paris, la CHOOSE Galerie consacre actuellement une exposition personnelle de cet artiste hors-norme dont l’œuvre a influencé plusieurs générations de jeunes pochoiristes. Y sont exposées certaines historiques, comme « Errar es humano » en 1987, mais aussi ses dernières réalisations inédites : « Le Charron », « Je suis Charlie » ou encore « La décrépitude de l’âme ».