Découvrez l’œuvre d’Epsylon Point, street artiste et pionnier de l’art urbain en France.

Urban art français

D’Ernest Pignon-Ernest à C215, en passant par Jef Aérosol et Epsylon Point, la France compte quelques-uns des meilleurs talents de l’Urban art (art urbain). Pochoir, graffiti, mosaïque, stickers : comment l’Urban art a émergé dans l’Hexagone ? Qui sont les street artists français les plus influents ?

Plus de 50 ans d’histoire

Les origines de l’Urban art en France coïncident avec les évènements de Mai 1968 lorsqu’Ernest Pignon-Ernest réalisait les premières fresques à la bombe de peinture sur les murs de la Bourse du commerce à Paris. À cette époque, l’art urbain était un moyen comme un autre de se faire entendre, de véhiculer des messages politiques visibles de tous. Ce n’est qu’avec l’avènement du pochoir, une technique d’impression d’images sur une surface rigide, que l’art urbain connait une dimension plus conséquente.

Le pochoir offrait des possibilités artistiques étendues comparativement à d’autres formes de l’Urban art. Facilitant la reproduction de portraits et de motifs sur les surfaces planes, cette technique permettait également la combinaison de différentes tonalités de couleur. Mais réaliser un pochoir sur une façade n’était pas une mince affaire. En effet, les pochoiristes devaient faire montre de vitesse d’exécution et d’audace, mais surtout posséder un réel talent artistique.

Malgré les risques et les difficultés, les pochoiristes de cette génération sont parvenus à s’approprier l’espace urbain pour y exécuter leurs œuvres, empreintes de messages forts, poétiques et revendicatifs. Jef Aérosol et sa célèbre grande fresque parisienne place Igor Stravinsky ; Miss Tic et ses épigrammes calligraphiés, Jérôme Mesnager et son fameux « Homme en Blanc » ou encore Blek le Rat ont marqué l’histoire de l’Urban français jusqu’à devenir des sources d’inspiration pour la jeune génération.

Urban art et la rue

Malgré l’institutionnalisation de l’Urban art dans les galeries d’art et les musées, ce mouvement n’a pas perdu l’essence qui le caractérise des autres formes d’art, à savoir : un art de la rue et pour la rue. La rue est avant tout un espace ouvert un lieu de rencontre qui favorise les échanges, la diffusion, l’affrontement des idées. La performance des street artistes est liée à une forme de transgression dans l’espace public, et la finesse de leur calligraphie est poussée à l’extrême, jusqu’au cryptage.

« Écrire sur les murs est un acte revendicateur : même si c’est esthétique, c’est obligatoirement politique, car visible par tous et imposé à chacun, quel que soit son goût », dixit Epsylon Point, le pionnier du pochoir en couleur.

Dans le 8e arrondissement de Paris, La CHOOSE Galerie propose depuis le début de l’année une exposition personnelle des œuvres d’Epsylon Point. L’artiste y présente une collection inédite de ses œuvres marquantes, certaines historiques comme « Errar es humano » de 1987 et « Culture » de 1998, mais aussi ses dernières réalisations : « Le Charron », « Je suis Charlie », « Place en Inde », « La décrépitude de l’âme ».

Epsylon Point aborde à travers ses œuvres différentes thématiques : de la condition humaine, aux questions sociétales ainsi qu’à l’érotisme et la musique.